29 septembre 2009
Lettre de M. Lelièvre aux 163 élus du conseil de Paris ainsi qu'à l'AFP
A Mesdames et Messieurs les Conseillers de Paris,
Depuis le début de notre opposition à la destruction du stade Jean Bouin, sans nier la nécessité de sa rénovation, nous n’avons eu cesse de pointer du doigt l’irrationalité du projet de construction d’un nouveau stade de rugby pour les seuls besoins du Stade Français Paris.
Sur le seul plan financier, en plus du coût astronomique du projet qui s’éloigne de jour en jour du budget qui vous avait été présenté il y a deux ans, figure notamment la question de la gestion équilibrée de l’édifice.
Nous avons à plusieurs reprises demandé à la Mairie de justifier le budget d’exploitation envisagé, dont elle dit pouvoir garantir l’équilibre grâce aux recettes tirées des espaces commerciaux annexés au stade de rugby. Aucun budget d’exploitation n’a en réalité été étudié avant de faire approuver ce projet.
Et pour cause, il est évident qu’une exploitation ne serait-ce qu’équilibrée de cette nouvelle enceinte sportive est impensable.
Jugez-en par vous-mêmes.
D’après nos sources très bien informées, les services de la Mairie de Paris ne se sont que très récemment penchés, en compagnie de la direction du Stade Français Paris, sur la question des conditions financières d’occupation du stade en projet. Les réflexions ont abouti au constat suivant : pour être équilibré (mais aussi pour se conformer aux dispositions du code général des collectivités territoriales), le Stade Français Paris devrait s’acquitter auprès de la Mairie d’une redevance de 300 000 € par match disputé au stade Jean Bouin. Pour mémoire, le Stade Français Paris verse actuellement à l’occupant principal du stade Jean Bouin une redevance annuelle de sous-occupation de l’ordre de 35 000 € seulement qu’il ne parvient pas à toujours payer dans les temps (la facture du mois de juin dernier correspondant à la moitié de cette redevance n’a toujours pas été réglée…).
Le Stade Français Paris s’oppose au paiement d’une redevance du montant demandé par la Mairie de Paris (300 000 € par match) et a présenté à cette dernière une offre à 100 000 € par rencontre. Pourtant, dans un stade de 20 000 places et à 15 € la place en moyenne, l’exercice aurait été envisageable. Oui, si le Stade Français Paris n’envisageait pas un business plan prévoyant une fréquentation de… 12 000 spectateurs par match seulement !
Après avoir du supporter les 150 000 000 € à 200 000 000 € nécessaires pour satisfaire aux besoins d’une société commerciale, les contribuables parisiens devraient de nouveau être appelés à devoir financer une exploitation déficitaire, sur une hypothèse de 13 rencontres par saison, de… 2 600 000 € par an !
12 000 spectateurs par match ? « De qui se moque-t-on ? », se sont demandés, furieux, les services administratifs de la Mairie… Des élus parisiens ? Des contribuables ? Des deux ?
Pourquoi dans ce cas avoir autant milité en faveur de la construction d’un stade flambant neuf de 20 000 places au prix minimum de 150 000 000 €, alors qu’un autre projet consensuel qui portait sur la rénovation du stade Jean Bouin voyant sa capacité d’accueil portée à 15 000 places pour 40 000 000 € « seulement » avait été envisagé puis abandonné pour des raisons qui n’ont jamais été données ?
En dehors des questions liées aux nuisances urbanistiques et environnementales, en dehors du problème des milliers de scolaires et sportifs amateurs qui, au 20 janvier 2010, seraient bannis de leur stade si les travaux de démolition devaient par malheur débuter, et en dehors des nombreuses autres aberrations entachant ce MAUVAIS PROJET, prenez en compte les préoccupations de vos administrés qui se portent avant tout, en cette période de crise économique majeure, sur la gestion rationnelle de leurs deniers. Ils attendent de vous que vous fassiez preuve de bon sens et non de sens de la démesure.
Très cordialement,
Jacques Lelièvre
Président de l’association sportive
Paris Jean Bouin CASG
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